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« EMOTION et cancer ? quel rapport ?

· Cancer,Relax

EMOTIONS ET CANCER QUEL RAPPORT ?

"Aucun !" diront certains.

« Majeur !» diront d'autres.

Il est vrai que les études scientifiques ne permettent pas de trancher. Le lien de cause à effet n'étant pas établi.

Cependant certaines études laissent à réfléchir :

Une étude réalisée par l'université de Rochester et l' Ecole de santé publique d'Harvard a suivi 729 individus sur une période de 12 ans . Les résultats publiés dans la revue Journal of psychosomatic research en 2013 rapportent que les personnes qui n'expriment pas leur émotions ont un risque de décès par cancer augmenté de 70 % par rapport à ceux qui expriment leurs émotions. Le risque de décès par accident cardiaque est lui aussi augmenté, de 50 %(Chapman, 2013).

L’extrême suppression de la colère était la caractéristique la plus commune de 160 femmes diagnostiquées avec un cancer du sein, à qui l'on a demandé de remplir un questionnaire psychologique détaillé, dans une étude conduite par le King's College Hospital de Londres.

 « Les résultats sont basés sur la comparaison statistique de 69 patientes chez qui l'on a découvert un cancer du sein au cours de l'opération, et un groupe contrôle comprenant le reste des patientes, 91 patientes atteint d'une tumeur bénigne du sein. Notre découverte principale est l'existence d'une association significative entre le diagnostic de cancer du sein et une anomalie dans l'expression des émotions. Cette anomalie était dans la plupart des cas, une extrême suppression de la colère, et chez les patientes de plus de 40 ans, une extrême suppression des autres émotions. »

Le Pr Fox et ses collaborateurs ont demandé à des femmes qui attendaient de passer une mammographie de remplir un questionnaire pour évaluer le degré de répression émotionnelle et de solitude. Plus le score de répression émotionnelle était élevé plus les femmes étaient malades. Plus le score était bas, plus les femmes étaient en bonne santé. Les femmes chez qui un diagnostic de cancer du sein a été posé avaient connu plus d'évènement de vie traumatisant, tel que le décès d'un conjoint ou d'un membre de la famille, dans les 2 années précédents le diagnostic (Fox CM, 1994).

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7844250

Une étude comparant un groupe de femmes ayant un cancer du sein versus un groupe de femmes en santé à montré que les femmes du groupe cancer du sein avaient connu plus d'évènement de vie stressant dans les deux années précédent le diagnostic, et avaient des scores plus élevés de colère/haine réprimées, de résignation et de ruminations (neuroticisme) (Cardenal, 2008).

Chez l’homme une étude à montré que des facteurs psycho-sociaux négatifs comme l'existence d'un échec professionnel, la survenue d'un divorce, et surtout la répression émotionnelle et la sensibilité aux jugements des autres pourraient jouer un rôle dans l'incidence du cancer de la prostate

En Asie, l' analyse de l'histoire clinique de 99 000 femmes a mis en évidence un lien significatif entre la survenue d'un événement de vie stressant et l'incidence du cancer du sein. Les auteurs ont constaté que le risque de cancer du sein était fortement et significativement associée à des événements de vie « graves et traumatisants ». Les personnes ayant connu de graves événements de vie auraient deux fois plus risque de développer un cancer du sein que les individus « indemnes ». Les auteurs ont constaté que l'incidence du cancer du sein était lié à la fois au caractère inattendu de l'événement : « frappant par surprise » et à la « gravité » de l'événement. Pour les auteurs « nos résultats suggèrent que le traitement psychologique des évènements de vie 'traumatisants" pourraient réduire l'incidence du cancer du sein" (Yan Lin, 2013).

Réduire l'incidence du cancer du sein en traitant les traumatismes psychologiques ? Plutôt nouveau comme discours !

Inversement, que se passe t il lorsque les émotions réprimées sont libérées ?

Le programme de recherche sur le cancer du sein de l'Etat de Californie a conduit une étude du même type. Les résultats montrent que le taux de survie des femmes participant au programme de thérapie de groupe qui exprimaient ouvertement leur colère était doublé (3,7 ans) en comparaison des femmes qui réprimaient leur colère (1,8 ans). 6 des 50 femmes qui exprimaient ouvertement leur colère étaient toujours en vie 7 an après être entrées dans l'étude.

« Nos résultats préliminaires montraient que de longues périodes de répression de la colère pendant les premiers mois de la thérapie de groupe prédisait de manière forte un décés précoce (p<0.01). Trois ans après le début de l'étude, toutes les patientes qui réprimaient leur colère sauf 2 étaient décédées. En comparaison six femmes qui exprimaient ouvertement leur colère étaient toujours vivantes sept ans après le début de l'étude. Le taux de survie moyen, était ainsi doublé pour les femmes qui exprimaient leur colère (3,7 ans comparé à 1,8 ans) »

"Exprimer ses émotions augmente la survie dans le cancer du sein"

Que se passe t il au niveau biologique ?

Deux articles publiés par les Dr Girdon, De Couck et Degreve de la faculté de Médecine de Bruxelles confirment l’intérêt d'agir pour déclencher une « réponse de relaxation » :

La première étude publiée en 2016 rapporte que l'activité du nerf vague prédit la survie globale dans le cancer du pancréas métastatique, en modulant l'inflammation.

C'est la première étude à révéler dans un large échantillon de patients avec un cancer avancé, que l'activité du nerf vague, mesurée par la variabilité du rythme cardiaque (HRV), est positivement corrélée de manière indépendante à la survie globale.

Les patient ayant une variabilité cardiaque élevée (> 20 msec) survivent en moyenne plus du double de jour (133,5) que ceux ayant une variabilité cardiaque basse.

Les auteurs montrent pour la première fois que la relation « nerf vague - survie globale » pourrait être statistiquement expliquée, par une réduction de l'inflammation (indexé par le protéine C réactive, CRP).

C'est une nouvelle découverte clinique et statistique qui met en lumière la neuro-modulation du cancer par le nerf vague.

Pour les auteurs cette découverte à des implications pour une nouvelle compréhension de la carcinogenèse, pour l'établissement du pronostic, et pour le développement de traitement neuro-modulateur du cancer.

La seconde étude publiée en 2014 est intitulé « Si votre le nerf vague est actif, le stade du cancer pourrait ne plus être important »

L'article rappelle que des études récentes ont montré que le degré d'activité du nerf vague prédit de manière indépendante le pronostic du cancer.

Les auteurs ajoutent que si l'activité du nerf vague est élevée le stade du cancer ne prédit plus son pronostic :

L'activité du nerf vague a été mesuré par la variabilité du rythme cardiaque (HRV). Ils ont mesuré l'activité vagal avec un appareil spécifique chez des patients atteints de cancer colorectal (CCR) et de la prostate (CP). Les résultats comprenaient un suivi de l'évolution des marqueurs tumoraux, ACE pendant 12 mois pour le cancer du colon, et PSA pendant 6 mois dans le cancer de la prostate. Comme on pouvait s'y attendre, pour les cancer découverts à des stades avancés le stade de la tumeur prédisait des marqueurs tumoraux plus élevés que ceux découverts à des stades précoces. Cependant ce ne fut vrai que pour les patients dont l'activité du nerf vague (HRV) était faible, et pas élevée. De plus pour les patients en stade avancé au moment du diagnostic, une activité vagale élevée prédisait un taux plus faible de marqueurs tumoraux par rapport à ceux dont l'activité vagal était faible, et ceux dans les deux types de cancer.

D'après les auteurs estimer le pronostic d'un cancer en déterminant son stade doit aussi prendre en compte le degré d'activité du nerf vague. Cela est facilement mesurable et déterminera si le stade est un facteur pronostic ou non. Ces observations, dans deux types de cancer différents, supporte l'hypothèse de l'effet neuro-immunomodulatrice du système parasympathique dans le cancer (Gidron, De Couck, De Greve, 2014).

-Exprimer ses émotions active la réponse de relaxation et le nerf vague.

Une étude vient paru la semaine dernière dans la revue Energy psychology rapporte qu'un traitement de libération émotionnel à l'aide d'une technique appelée EFT (Emotional Freedom Technique ou technique de libération émotionelle) modifie l'expression de 72 gènes et active 4 gènes suppresseurs de tumeurs.

-Exprimer ses émotions active 4 gènes suppresseurs de tumeur.

Des gènes impliqués dans la régulation de la réponse immunitaire et inflammatoire, et dans le régulation de la réponse de stress ont aussi été activés.

Alors « Emotion et cancer, quel rapport ? »

Un rapport de bon sens ?

Dr Julien Drouin

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